Schwarzenegger est parti en guerre avec Pepsi...

Publié le par Jennifer Hubert

En 2005, Arnold Schwarzenegger innove. Sa dernière trouvaille : le placement de produit en politique. Dans un spot publicitaire diffusé fin mai dans le cadre de la campagne pour son plan de réforme budgétaire, le gouverneur de Californie est attablé dans une cafétéria avec des électeurs. Sur la table, une sélection de boissons et de chips exhibent leurs logos : Arrowhead (Nestlé), Pepsi, SoBe, Cheetos et Ruffles (tous des produits Pepsi Co.). Un manquement flagrant à l'étiquette du spot politique, qui se doit de dissimuler avec soin toute marque de produit de consommation courante.

Est-ce un hasard si Nestlé a contribué pour un total de 279.800 dollars au comité de financement de campagne de Schwarzenegger (dont 21.200 dollars de la poche de son PDG), et Pepsi Co. 30.000 dollars ? La Foundation for Taxpayer and Consumer Rights (FTCR), un groupe de défense du consommateur et du contribuable, affirme le contraire.

« Il est inconcevable que Schwarzenegger n'ait pas su que Pepsi et Arrowhead étaient dans ce spot, ni qu'être ainsi associés avec le gouverneur de Californie leur serait profitable, a déclaré Carmen Balber de la FTCR. En tant que qu'acteur et homme d'affaires d'Hollywood, Schwarzenegger sait que les placements de produits se chiffrent en millions de dollars. »

Arnold Schwarzenegger et Pepsi ont déjà une longue histoire : le groupe avait conclu un plan de placement de produit avec les producteurs de « Terminator 2 ». Lever des fonds en échange de l'apparition d'une marque à l'écran est une stratégie éprouvée à Hollywood et ce serait la moindre des choses que ce soit un acteur qui introduise la pratique en politique. Mais Marty Wilson, chargé de remplir les coffres de la campagne Schwarzenegger, a qualifié les allégations de la FTCR de « ridicules » et « fausses ». « Je souhaiterais qu'on soit aussi malin, a-t-il rétorqué. Mais nous sommes toujours à la recherche de stratégies nouvelles et innovantes pour lever des fonds. Je crois que la FTCR nous a bien aidés. Ils devraient nous envoyer leurs honoraires. »

Un avis partagé par le « Los Angeles Times », qui a suggéré dans un éditorial d'explorer ce type de relations entre hommes politiques et donateurs : le placement de produit apporterait une transparence bienvenue à leurs relations et affranchirait les premiers de la pression de satisfaire à toute autre requête des derniers, notamment sur le plan législatif. En attendant, la FTCR a exigé le retrait du spot publicitaire des écrans de télévision et le remboursement des dons de campagne de Pepsi et Nestlé.


Source : Les Echos n° 19434 du 14 Juin 2005

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